Marilyn Faucher

Entrevue et photographie / Catherine Bernier

L'œuvrede Marilyn Faucherdégage une douceur qui captive immédiatement — un dialogue discret entre tradition et modernité. Installée au Québec, cette illustratrice et designer primée crée des images à la fois délicates et éclatantes, qui semblent à la fois intemporelles et pleines de vie.

Son œuvre mêle souvent les thèmes de la nature, du patrimoine et du folklore, rendant hommage aux gestes artisanaux qui sous-tendent l'artisanat traditionnel tout en exprimant une vision contemporaine qui lui est propre.

 

Mais lorsque Marilyn est arrivée chez The Parcelles l'automne dernier, elle recherchait quelque chose qui allait au-delà de la technique ou du style.

« Depuis que j’ai terminé mes études en 2013, je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de prendre du recul », confie-t-elle. « J’étais tellement impatiente de décrocher des contrats et de me faire une place dans le monde de l’illustration que je n’ai pas eu l’occasion d’explorer de nouvelles techniques ni de m’interroger sur ce que je faisais — et pourquoi. »

Ces dernières années ont été marquées par des bouleversements majeurs : la pandémie, son nouveau rôle de maman et le rythme incessant du travail créatif. Au milieu de ces changements, Marilyn a senti son inspiration artistique s'éteindre peu à peu, écrasée par les délais et les attentes. « J'avais perdu le plaisir d'illustrer », confie-t-elle. « L'art est quelque chose de profondément personnel, et quand on se sent perdue, créer semble n'avoir aucun sens. »

La petite cabane au bord de la mer est devenue son refuge — un endroit où elle pouvait se vider l’esprit, se reconnecter avec elle-même et redécouvrir le simple plaisir de créer sans contrainte. « Cette résidence m’a offert le luxe du temps, mais plus encore, elle m’a donné la chance de vivre au plus près de la nature et de la mer. C’était une source d’inspiration inépuisable : les couleurs, la lumière, les plantes, les oiseaux. »

À Seaforth, les journées suivaient le rythme des marées. Les matins commençaient avec la lumière qui inondait les fenêtres, tandis que l’horizon jouait des nuances de gris et de bleu. Entre deux coups de pinceau, elle observait les vagues se transformer et écoutait le chant des mouettes au loin. Tantôt elle peignait, tantôt elle se contentait d’observer — laissant la lenteur elle-même s’intégrer à sa pratique.

Les soirées ont été l'occasion de nouvelles rencontres. Un soir, Marilyn s'est rendue au Festival international du film de Seaforth, un petit événement local qui l'a profondément marquée. « C'était incroyablement émouvant », se souvient-elle. « Voir la communauté se rassembler, faire preuve d'une telle ouverture d'esprit et d'une telle passion pour la création artistique, sans se soucier du regard des autres, m'a rappelé pourquoi j'avais commencé à créer au départ. »

Cette résidence m'a offert le luxe de disposer de tout mon temps, mais surtout, elle m'a permis de vivre au plus près de la nature et de la mer. Ce fut une source d'inspiration inépuisable.

- Marilyn Faucher

 

Son séjour au bord de la mer a réveillé en elle quelque chose qui lui manquait — non seulement la joie, mais aussi le sens de la vie. Cette expérience lui a rappelé que la créativité ne se résume pas à la production ; elle consiste aussi à observer. La façon dont la lumière se déplace à travers les arbres, la douceur de la brume sur l'eau, les conversations autour d'un thé avec des inconnus qui deviennent rapidement des amis.

« Si vous sentez que vous avez besoin de prendre un peu de recul et de passer du temps seul, au plus près de la nature, c’est l’endroit idéal », dit-elle. « La vue est magnifique, et vous pourrez vous adonner à votre art en n’entendant rien d’autre que le chant des oiseaux et le bruit des vagues. C’est un véritable luxe de pouvoir observer les variations de la lumière et de disposer d’une semaine entière pour se consacrer entièrement à son art. »

Marilyn nageait tous les jours dans les eaux froides de l'Atlantique, la peinture encore sur les mains, puis elle retournait à son carnet de croquis, la peau salée et le cœur rempli de couleurs. « L'air frais m'a rappelé qui j'étais, et je serai éternellement reconnaissante aux Parcelles de m'avoir offert cette opportunité. »

 

Suivez Marilyn Faucher / @marilynfaucher

Portraits par Catherine Bernier / @cath.be

 
 

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