Catherine Lau

Entrevue et photographie / Catherine Bernier

Au quotidien, Cat Lau aide les autres à donner du sens à l’invisible. En tant que communicatrice scientifique visuelle, elle collabore avec des chercheurs et des personnes ayant une expérience de terrain pour transformer des données complexes en quelque chose de plus humain : des images qui rendent l’information accessible, des récits qui font le lien entre la science et l’émotion.

La nuit venue, elle se met à dessiner avec des aquarelles, des bouts de papier, des feutres et des crayons. Elle se définit comme illustratrice et artiste multimédia, mais son travail se situe en douceur à la croisée de l’art et du bien-être. « La santé mentale et la nature sont pour moi de grandes sources d’inspiration », explique-t-elle. « J’essaie souvent de relier ces deux thèmes dans mon travail. »

 

Lorsque Cat est arrivée à The Parcelles, elle avait des projets en tête : de grands paysages réalisés en techniques mixtes, à partir de carton, de papier et de peinture. Mais quelque chose a changé une fois qu’elle s’est mise au rythme des lieux. « Le thème de ma résidence tournait autour de l’exploration et du lâcher-prise », explique-t-elle. « Je suis généralement quelqu’un qui planifie tout, et je voulais faire exprès le contraire : laisser mes expériences façonner l’œuvre d’art, plutôt que l’inverse. »

Elle admet que cette intention s'accompagnait d'un certain malaise. « J'ai ressenti une forme de syndrome de l'imposteur, d'autant plus que je ne suis pas une artiste de formation. Je me posais des questions : étais-je vraiment une artiste ? Avais-je seulement le droit d'être là ? »

Mais peu à peu, l’environnement a commencé à répondre à ces interrogations. Les algues éparpillées sur le rivage, le poids des rochers, le mouvement des marées… tout est devenu une sorte de guide. « J’étais fascinée par l’environnement de la plage et j’ai été immédiatement attirée par les algues, les rochers et le mouvement de l’océan », explique-t-elle. « J’ai essayé d’intégrer cela dans mon art — qu’il s’agisse d’illustrer des algues de type mousse d’Irlande ou de créer des découpes ressemblant à des géodes, plus abstraites. »

Le résultat s'est avéré plus sobre, plus modeste et plus intuitif que ce qu'elle avait prévu. Une œuvre qui reflétait le processus d'écoute — de l'endroit, de soi-même et des espaces intermédiaires.

Il y a quelque chose de magique à se retrouver presque au milieu de nulle part, à prendre soin de soi et à créer. C'est peut-être parce qu'on peut y être pleinement soi-même, sans aucune pression du monde extérieur. C'est un véritable baume pour le corps, l'esprit et l'âme.

- Cat Lau

 

Elle explique que le temps passé ici lui a donné le courage d’assumer pleinement son identité créative et de revendiquer ce titre qu’elle hésitait autrefois à revendiquer. « Pour moi, ce temps consacré à la création et à la réflexion m’a donné la force et le courage de me sentir plus à l’aise avec le fait d’être qualifiée d’artiste. »

 

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